25 novembre 2019

20 Novembre 2019 – LE FIGARO

POURQUOI FAUT-IL DIVERSIFIER SON PATRIMOINE ?

Aurélien Ferron

Autant d’actifs dont les cycles économiques sont distincts et qui vont évoluer différemment au fil des ans. C’est de cette « décorrélation » entre différentes classes d’actifs que provient l’intérêt de la diversification, à savoir une diminution de la prise de risque pour une espérance de gain identique. Une notion qui trouve son origine dans la théorie moderne du portefeuille développée par Harry Markowitz, Prix Nobel d’économie en 1990.

Mais attention, car les écueils sont nombreux. Il est indispensable de conserver une épargne de précaution (autour de 6 mois de revenus) et de fuir les marchés financiers en cas de besoin certain d’argents sous un à deux ans. La prise de risque doit être modulée en fonction de son horizon de placement. Il faut également procéder à une véritable diversification. Il aurait été dommage de ne pas avoir profité de l’âge d’or des obligations d’Etat (+5,8 % par an sur la période 1982-2014) ou du boom immobilier des années 2000. De même, les investisseurs en actions ne peuvent que se réjouir de l’évolution des cours de Bourse sur les dix dernières années.

La diversification doit aussi jouer à l’intérieur même des classes d’actifs. « Tout miser sur le CAC 40 est une très mauvaise solution, argumente Guillaume Piard de Nalo. Non seulement l’indice ne suit que des actions françaises, mais en plus elles ne sont que 40. » Pour lui, un portefeuille diversifié doit comporter plusieurs milliers d’actions, partout dans le monde. Car tout le monde ne s’enrhume pas quand Wall Street éternue. Depuis 1950, les actions des pays émergents ont grimper de 1 point de plus par an que celles des pays développés. Lors de la reprise qui a suivi l’explosion de la bulle internet, de 2002 à 2007, les actions européennes se sont envolées de 130 %, contre 40 % pour les américaines. A l’inverse, sur l’année 2011, en pleine turbulence sur les dettes européennes, les actions américaines sont restées stables, quand celles de la zone euro ont chuté de 15 %.

Un principe de diversification à appliquer sur toutes les classes d’actifs. Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) investies en immobilier d’entreprises dépendent largement de la croissance économique alors que celles privilégiant les commerces sont d’avantage liées à l’évolution de pouvoir d’achat. Et même s’il s’agit d’un placement d’apparence sécuritaire, elles ne sont pas à l’abri d’une forte remontée des taux d’intérêt, qui se traduirait par une baisse de leur valorisation. Diversifiez, on vous dit !

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